Entre 6 et 12 ans, l’enfant construit normalement les processus de socialisation : L’élaboration de règles collectives, la coopération.
Il peut à cet âge résoudre un problème collectivement de façon logique; autrement dit, il devient capable d’élaborer des règles. Cependant, certains enfants, à cause notamment d’un contexte social difficile et en manque de sollicitations adaptées, n’y parviennent pas. Ceci concerne une majorité d’enfants dans les quartiers urbains sensibles et expliquer en partie la violence d’adolescents qui n’auraient pas construit ces compétences durant l’enfance.
Pour solliciter la construction de ces compétences, l’équipe du CRES a développé une pédagogie interactive de résolution de problème à partir de l’activité sportive.
Des situations problèmes, qui ont des caractéristiques concrètes bien spécifiques - thème, objectif, contrainte, règles… - permettent de formuler des hypothèses concernant un obstacle bien identifié par le groupe. Un nouveau répertoire de réponses va être élaboré par les enfants à partir du conflit cognitif et/ou socio-cognitif. Les joueurs ne disposent pas au départ des solutions, ainsi ils sont amenés à reconstruire la situation en utilisant le débat collectif (conflit sociocognitif) et la décentration. Ils doivent écouter le point de vue des autres et le mettre en perspective avec le leur. Cela leur demande d’effectuer un retour réflexif et une prise de conscience des procédures et stratégies nouvelles potentielles. L’éducateur sportif leur demande de valider la solution qui leur semble la plus intéressante pour le groupe, ce premier permettra de garantir un cadre de transformation de la situation et l’intériorisation des règles. La MIRP favorise les interactions entre les enfants eux-mêmes mais également entre les enfants et les adultes.
Au sein de ce cadre pédagogique, l’adulte régule les comportements des enfants, afin de favoriser des conduites interactives et coopératives. L’éducateur aménage un « espace de jeu » où les enfants vont pouvoir élaborer, expérimenter et évaluer un certain nombre de schémas d’action et de stratégies. Lors d’arrêts flash, les enfants reviennent sur les actions réalisées, réfléchissent et proposent différentes stratégies (solutions) en fonction des résultats obtenus sur l’action précédente.
Les résultats montrent que cette méthode permet de développer des compétences sociales chez l’enfant alors que le niveau de développement de ces compétences dans les ZUS semble très déficitaire.
Considérant les nombreux changements physiologique, relationnel et cognitif qui se produisent à l’adolescence, un cadre d’accompagnement spécifique est proposé aux jeunes de 14 à 16 ans.
Celui-ci leur permet de dépasser les procédures cognitives dont ils usent habituellement, pour les amener vers une démarche réflexive favorisant la prise de conscience et ainsi la relativisation de leur rapport à la réalité et aux autres.
En effet, à partir d’évaluations psychologiques individuelles et d’observations de groupe d'adolescents issus de quartiers sensibles, il apparaît qu’ils restent attachés aux aspects concrets de la réalité. Ils sont dans une logique de l’action dans laquelle le recours à la réflexion n’est pas spontané, ce qui favorise les passages à l’acte. De plus, les modes de régulations employées par ces jeunes montrent qu’ils privilégient les stratégies d’évitement face aux perturbations.
Ces adolescents ne parviennent toujours pas à concevoir les règles comme un système de régulations interpersonnelles mais plutôt comme un cadre de conduite dont le détenteur de l’autorité est le garant. Au travers de multiples transgressions, ces jeunes testent ce cadre. Les règles constituent alors pour eux, un système de répression qui leur permet de délimiter les conduites acceptables.
Afin de favoriser les processus de décentration et de prise de conscience, un cadre d’accompagnement a donc été proposé, privilégiant les verbalisations, la création de sens, de liens et ainsi le passage entre les représentations et les faits. Il s’articule à partir de trois dispositifs groupaux distincts :
Pour pouvoir mettre en place la MIRP, il convenait de former les éducateurs intervenant auprès des enfants et des adolescents. C’est pour cette raison que le CRES a créé un pôle formation qui dispense des stages auprès des éducateurs sportifs.